07/10/2009

Voltaire, antisémite

(p.64) Voltaire, dans son « Traité de métaphysique » (1734) se montre partisan de la supériorité des Européens, « hommes, écrit-il, qui me paraissent supérieurs aux nègres, comme ces nègres le sont aux singes et comme les singes le sont aux huîtres … »

Cet homme, qui n’a pas hésité à prendre des parts dans une entreprise nantaise de traite des Noirs – placement très rémunérateur à l‘époque – dénonce, néanmoins, dans ‘Candide’ (1759), les abus de l’esclavage chez les colons hollandais de Surinam : (…).

(p.66) Voltaire se révèle violemment antisémite dans son ‘Dictionnaire philosophique’. L’article « Juif » est, avec ses trente pages, le plus long du Dictionnaire. « Sa première partie (rédigée vers 1745) s'achève ainsi : ... vous ne trouverez en eux qu'un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent ; suit la fameuse recommandation qui dans un tel contexte pro­duit l'effet d'une clause de style : // ne faut pourtant pas les brûler (83). »

La correspondance de Voltaire confirme ses positions racistes. Relevons ce passage sugges­tif d'une lettre de Voltaire au chevalier de Lisle datée du 15 décembre 1773 : « ... Mais que ces déprépucés d'Israël, qui vendent de vieilles culottes aux sauvages, se disent de la tribu de Nephtali ou d'Issachar, cela est fort peu impor­tant ; ils n'en sont pas moins les plus grands gueux qui aient jamais souillé la face du globe (84).

(83)  Cité  par L.   POLIAKOV,  op.  cit.,  t.   III,  pp.  105-106.

(84) Cité par L. POLIAKOV, op. cit., t.  III, pp. 106-107. - Profi­tons de l'occasion pour rappeler que Voltaire estime que la hiérar­chie des classes sociales est bienfaisante et qu'il faut se garder de développer l'enseignement des  classes  populaires :  « Il  me  paraît essentiel  qu'il  y ait des gueux  ignorants...  Ce  n'est  pas le ma­nœuvre qu'il  faut  instruire,   c'est  le  bon  bourgeois,   c'est   l'habi­tant des villes... Quand  la  populace  se  mêle de  raisonner,  tout est perdu... Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il   soit   instruit. »   (Lettre   de   Voltaire  à   Damilaville  datée   du 1er  avril 1766).

 

 

(p.75) L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert revendique l’égalité de tous les hommes, l’abolition de l’esclavage, de la tyrannie arbitraire du pouvoir judiciaire et de toute forme de contrainte. Il faut toutefois remarquer que ces revendications s’identifient avec les intérêts de la bourgeoisie. D’où leur caractère limité et parfois contradictoire. (…)

Ainsi, certains des leurs 200 collaborateurs ne professent pas toujours l’esprit de tolérance de Diderot et conservent souvent une attitude raciste envers les Noirs.

14:38 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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